| Mémoire à travers des témoignages |
|
Presque tous les témoignages convergent vers Madame Desbassyns cela s’explique facilement par la proximité de Villèle (10 km). « Madame Desbassyns exigeait qu’on la porte la haut à la glacière. Si on était fatigué, on changeait de porteur mais le convoi ne devait pas s’arrêter. Elle vous faisait travailler comme un bœuf, un chameau. Elle n’a rien fait de bon avec la terre, elle est désormais morte mais la terre demeure et est divisée par l’administration ». « Jacques de Chatauvieux démonte tous les établissements pour les envoyer à Madagascar cela fait du tort à l’économie réunionnaise car avant les gens venaient de la Fontaine, la Chaloupe, etc. pour y travailler le samedi et le dimanche afin de gagner un quatre sous ». TANTALIDES . A Les gens étaient acheté par les propriétaires. Ils faisaient tout ce qu’on leur disait. Il parait que les esclaves tiraient les pierres du fond de la rivière des galets pour construire un puis à la glacière. Devant tant de supplices beaucoup se sauvaient dans les hauts ». Après m’avoir parler de ce qu’il avait entendu dire, il me parle de ce qu’il a vu. « En 1933 quand on a défriché dans les hauts pour planter du géranium, on a trouvé des squelettes avec des chaînes aux pieds. Près d’eux on a également trouvé des pipes en chaux. Ces pauvres gens n’ont même pas pu enlever leurs fers. On étaient trop préoccuper par le travail et personne n’a pensé garder les chaînes ». Par la suite M. Tantalides me site les noms des gros blancs qu‘il connaît : la famille De Villèle, Châteauvieux, Desbassyns et de Villentroie. Ancien combattant il personnifie Sarda garriga au Général de Gaulle. Madame Vitry Madame Desbassyns. « On l’appelle la seconde providence et ce n’est pas pour rien. Elle accueillait tous ceux qui arrivaient chez elle. Elle recevait les gens de toutes les catégories. Etait également la marraine de beaucoup d’esclaves. Mais il fallait travailler sinon... ZITTE. D « Ma mère m’a dit que son père avait 9 ans quand Sarda garriga a donné la liberté Sur les contours de Barrage les gens l’on portée dans un carriole bourrique en criant VIVE SARDA ». Elle se souvient de Mlle PIPI qui se faisait porter jusqu’à la halle de la grande ravine pour prendre le train. Elle prétendait appartenir à la famille De Villèle. Cette madame me raconte ensuite une histoire sur les Desbassyns. « sur une plantation dont elle ne m’a pas dit le nom il y avait un petit maître qui n’était jamais satisfait du café pillé par les hommes. A chaque fois il les maltraitait. En représailles l’un d’eux lui a porté un coup de calou à la tête, coup qui fut mortel. L’esclave s’est enfuit dans les bois près de la Fournaise. Il était nourrit par certains membres de sa famille. L’esclave leur révéla qu’il entendait Madame Desbassyns crié car des mauvais esprits lui donnaient des coups de chabouc et faisaient exploser des pétards sur elle. Des échos de cette histoire sont arrivés dans les oreilles de la famille Desbassyns. Ces derniers ont monté une expédition qui a retrouvé le fugitif, pour prouver ses dires il les a conduit à la Fournaise. A midi ils ont entendu « HI Madame Desbassyns donne tété t’ont enfants, plus des coups de chabouc ». Ses enfants se sont mis à genoux et par la suite ils ont construit des églises et des chapelles un peut partout pour se racheter ». Les témoignages sur l’esclavage ont souvent débouché sur la période des engagés. A Trois Bassins il y a eu des engagés chez :
Beaucoup d’engagés erraient dans les rues. Les gens avaient peur. Ils étaient enduit de graisse et portaient quelque fois un couteau. Ils disaient «cour pas, cour pas » Le travail. « La vie était dure mais était bonne », cette phrase revient souvent dans la bouche de ces personnes âgées. On sortait à 11h de Trois Bassins pour aller chercher du bois au Tévelave, j’avais 14 ans. De retour on avait à peine le temps de décharger que 8h arrivait. C’était l’heure d’atteler une autre charrette pour aller au Port. On faisait une pause pour la nuit au chemin pavé. Très tôt le matin on se réveillait pour reprendre la route. Quand la rivière des galets coulaient on était obligé de mettre une corde dans nos reins. On arrivait au lever du jour au Port. M. Lepervenche était le premier président du Port. Comme j’avais que 14 ans je recevais de la part des gens du lait, un peu de café et un morceau de pain manioc. Après avoir manger ont décharger la charrette puis on ramassait de la ferraille pour la forge de Mr Lauret. Quelques jours après on redescendait sur Savannah pour prendre du sucre que l’on mettait dans des sacs en goni. Les animaux étaient bien nourrit, même mieux que nous. «Le travail était dur, j’allais à la chapelle pointue à pied pour travailler et je revenais le soir. De même je faisais 15 km à pied pour monter dans la forêt et travailler le géranium avec mon père. On montait en marchant, le soir on redescendait en courant avec un paquet de bois sur la tête. Plus tard j’ai repris l’exploitation et je l’ai même agrandit. Pour suffir aux travaux j’avais 10 journaliers. Je m’était j’ai construire une petite cabane, j’y restais toute la semaine. Je tirais mon eau de la ravine. « j’ai travaillé la terre pour le maïs et la canne à sucre. Je restais jusqu’à 18h des les plantations. Le retour se fait avec un gros panier de manger cochon sur la tête. Arrivée à la case il faut aller chercher de l’eau à la ravine, puis allumer le feu. Réveil à 4h pour moudre le maïs. Le bon dieu a fait la terre pour « soigne à nou » et nos enfants. Aujourd’hui les jeunes ne veulent plus toucher la terre ». Ces personnes sont très nostalgiques envers ce temps passé « Il n’y avait pas de chômage, on avait toujours quelque chose à faire ».
|
| copyright : J.D Explorateur du Monde |
